Auteurs

Utteridge TD, Gebski V, Finnie JW, Vernon-Roberts B, Kuchel TR.


En 1997 Repacholi et ses collaborateurs rapportaient que l’exposition de souris à des rayonnements RF de 900 MHz pendant 18 mois augmentait l’incidence de lymphomes. Les auteurs affirmaient qu’il était nécessaire de reproduire et d’approfondir leur étude. Utteridge et ses collaborateurs ont conduit une reproduction de l’étude en utilisant la même espèce de souris – une espèce sujette a développer des lymphomes. Ils ont apporté des améliorations afin de pallier les lacunes de la précédente étude :

  • Une grande variation des DAS puisque les souris étaient libres;
  • L’utilisation d’un niveau simple d’exposition, ce qui veut dire qu’aucune conclusion ne peut être tirée quant à l’existence d’une relation entre la dose reçue et la réponse;
  • Le manque de critères d’évaluation normalisés quant au choix des souris choisies pour la nécropsie;
  • Les souris choisies pour la nécropsie n’étaient pas remplacées par une masse de tissus équivalente, modifiant ainsi la dosimétrie chez les souris restantes;
  • Le fait de disposer des autres souris sans effectuer de nécropsie pour confirmer l’absence de maladies pertinentes chez ces souris;
  • Aucune souris normale n’a été étudiée afin de déterminer si l’effet était unique aux souris sujettes à développer un cancer.

Les auteurs ont utilisé un modèle à double inconnu. Un total de 120 souris hétérozygotes (sujettes aux lymphomes) et 120 souris de n’importe quel type ont été exposées à chacun des niveaux d’exposition (DAS 0.25, 1, 2 et 4 W/kg); 120 souris de chaque espèce ont été exposées de façon fictive et 120 témoins négatifs de toutes les espèces se promenaient librement. Trente hétérozygotes et 30 de type mélangé ont été utilisées comme témoins positifs. Ont leur a injecté de l’éthylnitrosurea et ont les a exposés de façon fictive. Cent souris sentinelles ont été utilisées pour monitorer des paramètres de santé. Un grand total de 1600 souris ont été utilisées dans cette étude. Les souris ont été exposées à un rayonnement RF de 898.4 MHz ou de façon fictive pendant 1 heure par jour, 5 jours par semaine jusqu’à 24 mois. Les souris étaient immobilisées pendant l’exposition. La dosimétrie était vérifiée de façon indépendante à intervalles réguliers par le personnel du Australian Radiation Protection and Nuclear Safety Agency et du Defence Science Technology Organization. Les auteurs ont également remédier aux autres lacunes de l’étude de Repacholi.

Utteridge et ses collaborateurs ont découvert que différents types de lymphones se développaient – lymphomes lymphoblastiques avant l’âge de 10 mois, et non lymphoblastiques à plus de 10 mois. D’autres types de tumeurs ont été observés chez un petit nombre d’animaux. L’incidence des tumeurs n’était pas plus élevée chez les souris exposées de façon réelle ou fictive, pour les lymphomes ou pour les tumeurs en général. Il n’existait aucune preuve de relation entre la dose et la réponse. Pour les lymphomes lymphoblastiques il existait même une diminution de l’incidence des tumeurs chez les souris exposées, même si ce résultat était statistiquement significatif seulement chez le groupe du DAS de 0,25 W/kg.

Bref, cette étude ne confirme pas les résultats de l’étude de Repacholi puisqu’il n’existe aucune preuve de l’augmentation de l’incidence des lymphomes après l’exposition RF.

L’étude a été financée par le Australian National Health & Medical Research Council et a été conduite à l’Université Adelaide.

Addendum (March, 2003): Dans l'édition de février 2003 de " Radiation Research ", trois lettres ont été publiées et questionnent l'article précédent :

  • Il existe des contradictions dans les différentes statistiques de survie citées dans différentes parties de l'article
  • La restriction physique des souris peut avoir créer un facteur de stress pouvant obscurcir les effets de l'exposition
  • L'incidence des lymphomes chez les souris exposées de façon fictive était de 75 %, ce qui est beaucoup plus élevé que le 20 à 30 % observé dans d'autres études
  • La variabilité dans la taille des souris et leur prise de poids peut affecter le DAS
  • Les animaux étaient exposés une heure par jour aux rayonnement au lieu de deux fois trente minutes par jour comme dans l'étude de Repacholi. Ceci peut avoir modifié les effets du cycle sommeil-éveil.

Utteridge et ses collaborateurs ont répondu à ce questionnement.
Ils ne pensent pas que l'immobilisation ait été un facteur de stress puisqu'il n'existait aucune différence dans l'incidence des tumeurs chez les souris exposées de façon fictives (immobilisées) et les témoins en cage qui n'étaient pas immobilisés.
Ces données n'apparaissent pas dans l'article original.
En ce qui a trait à la critique majeure concernant les contradictions dans les statistiques de survie, les auteurs affirment que leur courbe de survie se basait sur les journées d'exposition sur l'axe des x plutôt que sur l'âge absolu. Puisque les souris n'étaient pas exposées les fin de semaine et les jour de vacance, leur durée de survie apparaît plus courte dans l'article original qu'elle l'était en réalité. Ils affirment également que lorsque l'âge absolu est utilisé, la survie des témoins à 18 mois est similaire à celle de l'étude de Repacholi.

Les auteurs ne répondent pas de façon satisfaisante aux commentaires sur le temps d'exposition et les valeurs de DAS.

Plusieurs chercheurs ont affirmer que l'utilisation des journées d'exposition plutôt que l'âge absolu dans le calcul de la courbe de survie est très inhabituel, selon l'édition de janvier/février 2003 de " Microwave News ".

D'autres tentatives de reproduction de l'étude de Repacholi sont présentement en cours.


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