mai 2000

Rayonnement RF et fonctions cérébrales chez les humains

Preece et ses collaborateurs avaient antérieurement indiqué que le rayonnement RF dans la gamme des fréquences utilisées par les téléphones cellulaires pouvait entraîner une baisse du temps de réaction, un des 15 tests qu'ils avaient réalisés sur un groupe de volontaires (voir " Quoi de neuf? - Archives ", février 2000). Une nouvelle étude de Koivisto et de ses collaborateurs finlandais montre que l'exposition aux champs RF a accéléré le temps de réaction dans trois des 12 tâches exécutées par des volontaires. Il est intéressant de noter que le temps de réaction au choix (le seul, selon Preece, à subir l'effet d'un signal analogue) ne faisait pas partie des tâches qui ont laissé constater un effet dans cette étude. Les auteurs indiquent que les mécanismes responsables des effets observés restent sujets à discussion, mais ils suggèrent, comme le fait Preece, qu'ils pourraient être causés par une légère augmentation de la température des tissus cérébraux.

Cet article est examiné d'une manière plus approfondie dans la section " Santé - Fonctions cérébrales chez les humains ".

Référence : Koivisto, M., A. Revonsuo et al. " Effects of 902 MHz electromagnetic field emitted by cellular telephones on response times in humans ", Neuroreport, 1999, vol. 11, p. 413-415.


Rayonnement RF et tumeurs cérébrales chez les rats

Roti Roti et ses collaborateurs indiquent qu'ils n'ont observé aucun effet d'une exposition aux champs RF sur la croissance des tumeurs cérébrales chez les rats. Les animaux ont été exposés à des champs RF semblables à ceux utilisés par les téléphones cellulaires. Le débit d'absorption spécifique moyen était de 0,75 W/kg. Les animaux ont été exposés aux champs RF quatre heures par jour et cinq jours par semaine, pendant une période débutant quatre semaines avant l'implantation de cellules tumorales dans le cerveau et se terminant jusqu'à 150 jours après cette implantation. Les chercheurs n'ont observé aucune différence, entre les animaux exposés et les témoins, quant à la survie médiane ou aux taux de mortalité.

Référence : Higashikubo, R., V.O. Culbreth et al. " Radiofrequency electromagnetic fields have no effect on the in vivo proliferation of the 9L brain tumor ", Radiation Research, 1999, vol. 152, p. 665-671.



Rayonnement RF et mémoire spatiale chez les animaux

Deux études récentes examinent les effets du rayonnement RF sur la mémoire spatiale des animaux.

Wang et Lai, de la University of Washington, indiquent dans un article récent que les micro-ondes ont provoqué une déficience de la mémoire spatiale chez des rats. Ils ont exposé les animaux à un rayonnement RF pulsé de 2 450 MHz pendant une heure, avant chacune des six séances d'essai au cours desquelles les rats devaient localiser une plate-forme submergée dans un labyrinthe aquatique circulaire. L'eau était troublée avec du lait en poudre et les rats devaient localiser la plate-forme de mémoire. Le temps nécessaire à la recherche de la plate-forme par les animaux préalablement exposés était significativement plus long, comparativement aux résultats des animaux témoins, à la séance finale. Dans une séance d'essai réalisée sans plate-forme, les animaux exposés ont passé moins de temps dans le cadran du labyrinthe où cette plate-forme aurait dû se trouver. Les chercheurs indiquent qu'il est possible que l'effet comportemental observé ait été causé par l'effet auditif du rayonnement pulsé, et mentionnent que le DAS des pulsations était clairement au-dessus du seuil d'audition. En outre, le DAS moyen pour l'organisme entier était de 1,2 W/kg, soit trois fois plus que le seuil de 0,4 W/kg autorisé par le Code de sécurité 6 de Santé Canada pour l'exposition de l'organisme entier dans la population générale. Il est raisonnable de présumer que le DAS maximal ait pu avoir été suffisamment élevé pour induire un effet thermique.

Référence : Wang, B. et H. Lai. " Acute exposure to pulsed 2450 - MHz microwaves affects water-maze performance of rats ", Biolectromagnetics, 2000, vol. 21, p. 52 - 56.

Dans la deuxième étude, Sienkiewicz et ses collaborateurs ne relèvent aucune baisse de la performance dans l'exécution d'une tâche d'apprentissage spatiale par des souris préalablement exposées à un rayonnement RF simulant le signal émis par un téléphone sans fil numérique (GSM). Les souris avaient été exposées à un champ de 900 MHz, pulsé à 217 Hz pendant 45 minutes chaque jour, pendant dix jours. Le DAS moyen pour le corps entier était de 0,05 W/kg. La performance des souris exposées dans un labyrinthe radial à huit bras était comparée à celle de sujets témoins soumis à une exposition fictive. Dans cette expérience, les animaux devaient rechercher leurs aliments à l'extrémité des bras du labyrinthe. Aucune différence n'a été observée dans l'exactitude du choix ni dans le temps total nécessaire pour exécuter la tâche. Le DAS moyen utilisé était très inférieur à celui de l'étude de Wang et Lai. Les chercheurs prévoient de réaliser d'autres études afin d'examiner les effets d'autres valeurs du DAS.

Référence : Sienkiewicz, Z., R.P. Blackwell, R.G.E. Haylock, R.D. Saunders et al. " Low-level exposure to pulsed 900 MHz microwave radiation does not cause deficits in the performance of a spatial learning task in mice ", Bioelectromagnetics, 2000, vol. 21, p. 151-158.



D'autres études sur les téléphones cellulaires et l'EEG

Freude et ses collaborateurs ont publié les résultats d'une nouvelle étude sur les effets du CEM engendré par les téléphones cellulaires sur l'EEG de sujets humains. Deux autres études de ces chercheurs ont été résumées dans " Les télécommunications sans fil et votre santé - Fonctions cérébrales chez les humains ".

L'étude la plus récente a laissé constater des changements dans les EEG des volontaires en train d'exécuter un type de tâche, mais pas durant deux autres types de tâches. Selon les chercheurs, ces résultats laissent conclure à l'existence d'un effet sélectif du CEM sur des aspects particuliers du traitement de l'information par le cerveau humain, mais ne laissent deviner aucun effet sur la performance, le bien-être ou la santé des sujets.

Pour en savoir plus sur cette étude, consulter la section " Recerche - Clinique - EEG ".

Référence : Freude, G., P. Ullsperger, S. Eggert et I. Ruppe. " Microwaves emitted by cellular telephones affect human slow brain potentials ", Eur. J. Appl. Physiol., 2000, vol. 81, p. 18-27.


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