mars 2002

L'OMS clarifie sa position sur les stations de base et le cancer

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis un communiqué de presse le 23 janvier 2002 afin de clarifier sa position sur la relation controversée entre les stations de bases des téléphones mobiles et le cancer. Une concentration de cancer chez de jeunes enfants en Espagne a motivé l'émission de ce communiqué. On a affirmé que les champs électromagnétiques émis par les stations de base des téléphones mobiles causaient ces cancers. Les médias ont de plus affirmé que " l'Organisation mondiale de la santé reconnaissait à présent que les champs électromagnétiques étaient une cause probable de cancer ".

L'OMS rappelle que ce n'est pas ce qu'ils ont affirmé et font référence à la fiche de renseignements 193 pour plus d'informations sur leur position. La confusion peut provenir du fait que l'Agence internationale pour la recherche sur le cancer, une agence spécialisée de l'OMS, a classé les ELF comme un " carcinogène potentiel pour l'humain ". L'agence affirme que la fiche de renseignement 263 explique cette classification et fait remarquer que les champs ELF sont très différents des champs émis par les stations de base.

Référence: www.who.int/peh-emf

La fertilité des vers augmente suite à une exposition à un champ micro-onde faible

Dans le " Quoi de neuf " de juillet 2000, nous rapportions une expérience de Pomerai et ses collaborateurs utilisant le vers C. elegans. Ce groupe de chercheurs de l'Université de Nottingham au RU a effectué de nouvelles expériences avec cette espèce. Cette fois, ils rapportent qu'une exposition prolongée des larves à un champ micro-onde faible (1000 MHz) modifiait leur taux de croissance ainsi que la proportion de vers qui devenaient des adultes porteurs d'œufs. Les auteurs croient que les effets observés étaient non thermiques. Pour plus de détails, consultez la section " Expérience toxicologique - Autres études ".

Référence: de Pomerai DL, Dawe A, Djerbid L, Allan J, et al. (2002). Growth and maturation of the nematode Caenorhabditis elegans following exposure to weak microwave fields. Enzyme and Microbial Technology 30:73-79.

Augmentation du nombre de cellules micronucléées après exposition RF (1)

Un article récent de Tice et ses collaborateurs documente des études rapportées antérieurement à la réunion annuelle de la Bioelectromagnetic Society en juin 2001. Les auteurs ont évaluer la génotoxicité de différents signaux RF sur des cellules sanguines humaines. Aucune dommage à l'ADN n'a été observé après une exposition de 3 ou 24 heures. Toutefois, une exposition de 24 heures avec un DAS de 5 ou 10 W/kg avait pour résultat une augmentation des lymphocytes micronucléés. Aucune augmentation n'a été observée avec une exposition de 3 heures.

Les auteurs concluent qu' " une exposition prolongée aux signaux RF avec un DAS moyen de 5 W/kg pouvait provoquer des altérations chromosomiques aux lymphocytes humains ". Les auteurs affirment également qu'il existe un manque de constance dans les rapports publiés sur ce type de recherche. Ils demandent des études supplémentaires.

Pour plus de détails sur cette étude ou d'autres études sur la génotoxicité, consultez la section " Expérience toxicologique - cancer ".

Référence: Tice RR, Hook GG, Donner M, McRee DI, et al. (2002). Genotoxicity of radiofrequency signals. 1. Investigation of DNA damage and micronuclei induction in cultured human blood cells. Bioelectromagnetics 23:113-126.

Augmentation du nombre de cellules micronucléées après exposition RF (2)

Un autre article dans Bioelectromagnetics rapporte une augmentation du nombre de cellules micronucléées après une exposition à un champ RF. Pour cette étude, un système GSM a été utilisé. Des lymphocytes humains ont été exposés à 1748 MHz pendant 15 minutes. Le DAS maximum était de 5 W/kg. Aucun effet sur la prolifération des cellules n'a été observé. L'augmentation des cellules micronucléées a été observée avec un signal par modulation de phase, mais pas avec un signal à ondes continues. Les auteurs de l'article signalent que c'est la première fois qu'on observe un tel effet avec un signal RF modulé par phase et qu'il est nécessaire de confirmer leurs résultats.

Pour plus de détails sur cette étude ou d'autres études sur la génotoxicité, consultez la section " Expérience toxicologique - cancer".

Référence: D'Ambrosio G, Massa R, Scarfi MR, Zeni O (2002): Cytogenetic damage in human lymphocytes following GMSK phase modulated microwave exposure. Bioelectromagnetics 23:7-13.

Des scientifiques suédois questionnent la présentation des recherches au grand public

Dans la Newsletter de septembre/octobre 2001 de la Bioelectromagnetics Society, on peut lire une réimpression d'un éditorial publié à l'origine dans le plus important journal de Suède le 3 septembre 2001. Les auteurs, cinq éminents scientifiques suédois, se plaignent d'un petit nombre de scientifiques qui " prennent des libertés et font des déclarations aux médias contre leur propre bon sens ". Certains des exemples cités faisaient référence à des recherches sur les téléphones mobiles. Dans la parution suivante de la Newsletter (No 163) on retrouve la réponse de scientifiques qui, bien qu'ils n'aient pas été nommés dans l'éditorial, ont senti que leur recherche et leur discussion publique avaient été critiquées dans l'éditorial.

La discussion soulève des points intéressants sur la responsabilité des scientifiques lorsqu'ils font des déclarations aux médias au sujet de leurs recherches.

Référence: www.bioelectromagnetics.org/

Téléphones mobiles et mélanome malin de l'œil

Stang et ses collaborateurs ont rapporté antérieurement une augmentation du risque de mélanome uvéal (une rare tumeur maligne de l'œil) chez les personnes utilisant des dispositifs employant le rayonnement RF, ce qui inclue les téléphones mobiles (consultez " Quoi de neuf ", février 2001).

Johansen et d'autres chercheurs font maintenant remarquer qu'au Danemark, l'incidence de ces tumeurs est demeurée stable entre 1943 et 1996, malgré l'augmentation significative du nombre d'abonnés au téléphone mobile. " Notre étude ne donne pas matière à associer le téléphone mobile et le mélanome oculaire ", affirment-ils.

Cette étude était une étude écologique, un type d'étude faible lorsqu'on examine une relation de causalité entre les facteurs.

Référence: Johansen C, Boice JD Jr, McLaughlin JK, Olsen JM (2002): Mobile phones and malignant melanoma of the eye. British Journal of Cancer 86:348-9.



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