décembre 2000

Les adolescents qui utilisent un téléphone cellulaire fument-ils moins?

Les médias ont fait état d'un rapport selon lequel une baisse de la consommation du tabac chez les adolescents du Royaume-Uni pourrait être due à une augmentation, dans ce groupe, du nombre de propriétaires de téléphones cellulaires. Dans une lettre adressée au British Medical Journal, les chercheurs Charlton et Bates soutiennent que le téléphone cellulaire est un concurrent efficace de la cigarette, sur le marché des produits qui permettent aux adolescents de s'afficher comme des adultes ou d'exprimer leur individualité, leur sociabilité, leur insubordination, leur appartenance à un groupe ou leur désir d'être traités en adultes.

La rédaction du journal a reçu plusieurs réactions par courriel. Plusieurs ont souligné qu'aucune tendance comparable n'avait été observée dans d'autres pays comme l'Italie, l'Australie ou la Suisse. Ces réponses ont été consignées à l'adresse suivante : http://bmj.com/cgi/eletters/321/7269/1155#EL8

Il convient de souligner que dans une étude écologique de ce type, on ne devrait pas présumer d'un rapport de causalité. De nombreux autres facteurs influent probablement sur les tendances relevées.

Référence : Charlton, A. et C. Bates. " Decline in teenage smoking with rise in mobile phone ownership: hypothesis ", BMJ, 2000, vol. 321, p. 1155.


Les utilisateurs de téléphones cellulaires sont-ils plus exposés aux céphalées?

Une autre lettre publiée dans le même numéro du British Medical Journal fait état d'une étude réalisée sur les utilisateurs de téléphones cellulaires de Singapour. Selon cette étude, la probabilité de souffrir d'une céphalée serait de 30 % supérieure chez les utilisateurs de téléphones cellulaires.

Les auteurs ont publié un article portant sur la même étude dans le numéro de novembre 2000 de Environmental Health Perspectives. Ils ont souligné que l'utilisation du téléphone cellulaire n'était liée à aucune augmentation significative de symptômes du système nerveux central, exception faite des céphalées.

Il s'agissait d'une étude transversale, un type d'étude peu approprié pour prouver l'existence d'un rapport de causalité, principalement du fait que le rapport temporel entre l'exposition et les résultats est flou. Il est clair en effet que de nombreux autres facteurs auraient pu influer sur les résultats décrits dans cet article, y compris les caractéristiques personnelles et les prédispositions médicales des sujets.

Références : Chia, S.-E., H.P. Chia, J.-S. Tan et V. Vlassov. " Health hazards of mobile phones ", BMJ, 2000, vol. 321, p. 1155

Chia, S.-E., H.P. Chia et J.-S. Tan. " Prevalence of headaches among handheld cellular telephone users in Singapore: A community study ", Environmental Health Perspectives, 2000, vol. 108, p. 1059-1062.



Séminaires organisés par The Lancet sur la sécurité des téléphones mobiles

Dans un numéro récent de la publication médicale britannique The Lancet, deux articles portaient sur la sécurité des téléphones mobiles. G. Hyland examine les aspects physiques et biologiques de la téléphonie mobile. Il souligne que le rayonnement pulsé de faible intensité utilisé par les téléphones mobiles et leurs stations de base peut avoir des effets subtils non thermiques sur les organismes vivants. Il soutient en outre que ces effets peuvent découler d'une synergie entre les fréquences générées par le téléphone et l'activité électrique de l'organisme. Il laisse finalement entendre que les organismes vivants pourraient réagir non seulement à la fréquence des micro-ondes porteuses, mais également aux pulsations de fréquences plus basses, à 2 et à 8,34 Hz, qui caractérisent certains systèmes comme le TDMA (accès multiple par répartition dans le temps).

Dans le deuxième article, K. Rothman examine les signes épidémiologiques de risques pour la santé. Il soutient qu'il n'existe aucune preuve nette de l'existence d'une association avec les tumeurs cérébrales ou d'autres tumeurs malignes, mais il rappelle que peu d'études ont porté sur les effets de l'exposition aux radiofréquences. Il indique qu'à l'heure actuelle, les risques d'accidents de la route constituent la principale préoccupation à cet égard, mais qu'il s'agit d'un effet comportemental plutôt que d'un effet direct de l'exposition aux radiofréquences.

Dans un commentaire connexe, Dendy indique que les preuves citées par Hyland dans son article présentent des difficultés. Il souligne l'absence de reproductibilité ainsi que l'absence d'un lien quantitatif direct entre la cause et l'effet ou d'un mécanisme causal avéré.

Références : Dendy, P.P. " Mobile phones and the illusory pursuit of safety ", Lancet, 2000, vol. 366, p. 1782-1783.
Hyland, G.J. " Physics and biology of mobile telephony ", Lancet, 2000, vol. 356, p. 1833-1836.

Rothman, K.J. " Epidemiological evidence on health risks of cellular telephones ", Lancet, 2000, vol. 356, p. 1837-1840.



Recherches actuelles sur les téléphones cellulaires et le cancer

Rothman, dans l'article mentionné ci-dessus, décrit également les recherches en cours portant sur les rapports entre le téléphone cellulaire et le cancer. Les résultats d'une de ces études, coordonnée par le National Cancer Institute, aux États-Unis, devraient paraître l'an prochain. P.D. Inskip et ses collaborateurs décrivent le protocole de cette étude dans un article paru l'an dernier dans Radiation Protection Dosimetry.

Un autre article paru récemment dans Epidemiology présente un résumé des discussions qui ont eu lieu à l'occasion d'un atelier international organisé l'an dernier sur les rapports entre l'utilisation des téléphones mobiles et les tumeurs du cerveau, de la tête et du cou. On y fait mention de divers projets de recherche actuels. Pour de plus amples renseignements sur cette question, voir " Quoi de neuf? - Archives ", avril 2000 et novembre 1999.

Références : Inskip P.D., E.E. Hatch, P.A. Stewart et al. " Study design for a case-control investigation of cellular telephones and other risk factors for brain tumours in adults ", Radiation Protection Dosimetry, 1999, vol. 86, p. 45-52.

Blettner, M., J. Michaelis et J. Wahrendorf. " Workshop on research into the health effects of cellular telephones ", Epidemiology, 2000, vol. 11, p. 609-611.



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