Auteurs
Szmigielski,
S.
Dans cet article,
l'auteur examine le lien entre l'exposition
aux champs RF et la manifestation du cancer chez le personnel militaire
de Pologne, entre 1971 et 1985. L'exposition a été déterminée
à partir de la description d'emploi figurant dans les dossiers
du personnel militaire, mais aucune mesure de l'exposition individuelle
n'a été obtenue. Les champs électromagnétiques
étaient modulés par impulsions (150 - 3 500 MHz) et environ
80 % des personnes ont été exposées à moins
de 2 W/m2. L'incidence
annuelle des divers types de cancer a été calculée
sur la base d'une population totale " non exposée "
formée d'environ 124 000 sujets par année et d'une population
" exposée " d'environ 3 700 par année. Une incidence
accrue dans les groupes exposés, par comparaison aux groupes
non exposés, a été observée pour plusieurs
cancers, notamment le cancer de l'oesophage et de l'estomac (3,24 fois
de plus), du côlon et du rectum (3,19), du cerveau (1,91) ainsi
que des systèmes sanguin et lymphatique (6,31).
Cette étude comporte toutefois des lacunes importantes. Ainsi,
l'exposition aux champs EM a été déterminée
à partir de la description de poste, sans avoir aucun détail
sur l'exposition réelle, ni aucune information sur la durée
de l'exposition. De plus, comme l'information sur les cas de cancer
a été tirée des dossiers médicaux, il est
possible que les dossiers des personnes atteintes de cancer contenaient
plus de renseignements sur l'exposition aux champs RF et autres types
d'exposition que les dossiers du personnel en santé, ce qui aurait
pour effet d'introduire un biais
susceptible d'accroître artificiellement l'incidence prévue
parmi le personnel " exposé ". En outre, l'auteur n'indique
que les taux d'incidence annuel pour 100 000, sans préciser le
nombre réel de cas. Il note cependant que " le cas unique
de tumeur maligne relevé dans le groupe des 3 700 sujets exposés,
au cours des 15 années, correspond à un taux d'incidence
de 1,8 cas pour 100 000 par année "; cela signifie qu'il
n'y aurait eu que 24 cas de cancer des systèmes sanguin et lymphatique
durant la période de 15 ans.Comme ce nombre est très faible,
à peine quelques erreurs dans la détermination de l'exposition
suffiraient à modifier sensiblement le taux d'incidence calculé.
L'auteur ne fournit par ailleurs aucune information sur les facteurs
de confusion, bien
qu'il insiste sur le fait que les travailleurs en électricité
puissent être exposés à des facteurs " leucémigènes
". Enfin, rien n'indique qu'il y a eu correction en fonction de
l'âge, ce qui pourrait faire une différence appréciable
dans les résultats obtenus.
Dans l'ensemble, la méthodologie utilisée pour cette étude
est fortement déficiente et les résultats doivent être
interprétés avec une extrême prudence.