Auteurs
Dolk, H., Shaddick, G., Walls, P., Gundy, C., Thakrar, B., Kleinschmidt, I. et Elliott, P.

Cette étude, qui a été réalisée dans un secteur situé à proximité des émetteurs de radio et de télévision de Sutton Coldfield, en Angleterre, avait pour but de vérifier l'allégation voulant que le nombre de cas de leucémie et de lymphomes (cancer des ganglions lymphatiques, qui font partie du système immunitaire) y était plus élevé. Les auteurs ont utilisé pour ce faire des données recueillies sur une période de 12 ans, la région à l'étude étant située dans un rayon de 10 km des émetteurs. Les auteurs ont comparé l'incidence de divers types de cancers dans dix zones d'une superficie égale, mais situées à des distances croissantes des émetteurs; ils ont également comparé l'incidence dans ces dix zones aux données nationales. L'étude a révélé que les cas de leucémie chez les adultes étaient 1,83 fois plus élevés que prévu dans un rayon de 2 km de l'émetteur et que le risque diminuait de façon significative à mesure qu'on s'éloignait de l'émetteur. L'incidence du cancer de la peau et de la vessie a aussi diminué à mesure que la distance augmentait. Par contre, les auteurs ont noté une incidence croissante de lymphomes non hodgkiniens, à mesure que la distance augmentait.

La principale difficulté, avec une étude de ce genre, vient de ce que l'analyse porte sur une population et qu'elle ne s'applique pas nécessairement au niveau individuel, d'autant plus qu'aucune mesure de l'exposition individuelle n'est faite.

Dans le cadre d'une deuxième étude, les auteurs ont élargi leur analyse aux autres 20 émetteurs à haute puissance de télévision (plus de 500 kW) et de radio (plus de 250 kW) situés en Grande-Bretagne. Partant des résultats de leur première étude, ces auteurs ont examiné les cas de leucémie, de cancer de la peau et de cancer de la vessie chez les adultes, ainsi que de leucémie et de cancer du cerveau, chez les enfants. Là encore, ils ont utilisé les données portant sur une période maximale de 12 ans et examiné une population totale de 3,39 millions de personnes. Aucun risque excédentaire de leucémie ou d'autres types de cancer chez les adultes n'a été observé dans un rayon de 2 km des émetteurs. Par ailleurs, une baisse significative du risque de leucémie chez les adultes a été observée à mesure que la distance augmentait, mais seulement au-delà du rayon de 2 km. Cette association entre la réduction du risque et l'accroissement de la distance n'a pas été observée pour d'autres types de cancer.

Les auteurs proposent trois interprétations pour expliquer leurs résultats concernant la leucémie chez les adultes. Il se pourrait que ces résultats soient le fruit du hasard. Ou encore, la faible diminution du risque pourrait bien être associée à l'augmentation de la distance par rapport aux émetteurs, mais cela ne signifie pas pour autant qu'il existe un rapport de causalité avec l'émission de radiofréquences et pourrait être dû à la répartition géographique d'autres facteurs socio-démographiques ou environnementaux non mesurés. Enfin, le fait que les résultats obtenus à Sutton Coldfield n'aient pu être reproduits peut mettre en doute la pertinence de l'analyse statistique. Les auteurs concluent que les résultats de cette deuxième étude n'appuient tout au plus que très faiblement les résultats observés à Sutton Coldfield.

Selon le National Radiological Protection Board du Royaume-Uni, ces études n'indiquent pas que le fait d'habiter à proximité d'un émetteur de radio ou de télévision soit associé à un risque accru de leucémie - chez l'enfant ou l'adulte - et les études ne justifient pas la conduite d'autres études épidémiologiques à proximité de ces sites.


Accueil             Liens              Carte du site               Contacez-Nous
© Centre McLaughlin Centre d'évaluation du risque pour la santé des populations